Mercredi 10 octobre 2007
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-le premier conte du recueil de 97, ce qui importe évidemment. À l’opposé, le PP.
-dans Pocket 82 vous verrez que CP accordait une grande importance à ce conte et à sa promotion dans le public.
-le conte de la surabondance des fées et de la méditation sur le fatum (88+89) : la moralité n’est pas peu surprenante...
- le conte de l’ORALITÉ (en tous les sens du mot).
-un conte qu’on coupe souvent de façon inepte mais significative : ce qui fait lien, le manger.
*la version des Grimm mérite d’être lue. Elle est très condensée par rapport à CP et les fées sont des sages-femmes..
Nos pistes d’étude :
1-description du conte centrée sur le manger et quelques remarques sur les fées ; les moralités ; 2 : le conteur ; 3 : le travail de Doré.
1/DESCRIPTION DE LA COMPOSITION : en gros deux grandes parties assez déséquilibrées. Un conte en plusieurs actes.
•1ere partie : qui va d’un festin troublé manqué (A) à un festin réussi qui débouche sur une nuit d’amour (B).
-après un mensonge du prince à son père tournant encore autour de la nourriture=>
•2ème partie : l’ogresse a faim mais elle finit “dévorée” par des serpents....
en I on vainc la méchante fée, en II on doit vaincre l’ogresse, deux figures de mauvaise mère.
I :Situation initiale :
- un manque soudain comblé : naissance d’une enfant dans un couple royal qui a tout fait pour le voir naître (pas d’annonce de la naissance par
une grenouille comme chez Grimm) :au baptême, surabondance de fées au berceau:7 (12+1 chez Grimm). Bonheur parfait garanti par un échange de dons (objets en or) contre dons (des fées, chacune
ayant une spécialité comme on va voir)
- écart, élément perturbateur (7+1) :rupture de la belle harmonie :
-hélas on a oublié une vieille fée (qu’on croyait morte ou prisonnière d’un enchantement dans une tour) : son destin est un indice : elle a disparu depuis 50
ans....
[pour les fées en général on note qu’elles sont nombreuses en cet endroit, qu’elles ont chacune une spécialité, qu’elles sont sensibles à
l’or travaillé par les hommes, qu’elles ont de l’appétit et qu’elles peuvent se battre entre elles.... J’anticipe de quelques lignes : on note dans ce conte de fées que la parole féerique peut
être performative : pour une fée, dire c’est faire et on ne peut y revenir : la question de la parole dans le conte devra être traitée à part ; ayez en tête les méfaits de la parole dans SR, la
parole peu efficace de la fée chez PDA, le rôle du serment fait à la fée dans C]
-la fée oubliée s’invite et ne reçoit pas de beau cadeau en or : l’enfant qui devrait être évidemment la plus belle du monde reçoit toutes les chances (beauté donc,
intelligence, grâce et (trois) dons artistiques) mais la fée revêche et maléfique la condamne à être piquée par un faisceau et à mourir. C’est l’effroi dans l’assemblée. Heureusement une (jeune)
fée a fait en sorte de passer derrière elle dans l’ordre des voeux ; elle sauve de la mort l’enfant qui dormira 100 ans et sera réveillée par un prince. Voilà la menace : le bonheur suspendu à
cet événement qui aura lieu tôt ou tard.
-par précaution le roi son père promeut un édit qui cherche à protéger la jeune fille : l’effet est certain pendant 15/16 ans.
=>Programme Narratif : que va-t-il advenir ? Malgré l’édit du roi la piqûre est certaine : quelle fée aura l’avantage ? La jeteuse de mauvais
sort ou la plus jeune si protectrice ? Mort ou salut sommeil ? Quelle parque l’emportera ? Le titre a déjà tout dit.
-II- : les conséquences lointaines du baptême.
A/une parade humaine (et royale) qui échoue ; une solution durable.
•LA PÉRIPÉTIE ATTENDUE : BBD se pique comme prévu au doigt dans une maison de plaisance, chez une vieille femme oubliée, elle aussi, qui file. [Scène que Doré
choisit d’illustrer en plan américain/italien (resserré par rapport aux autres de la série BBD) et en prenant le moment qui précède juste la rencontre du doigt et du fuseau. La quenouille qui
fait presque obstacle ne retiendra pas la main de la jeune fille fascinée par cet objet inconnu. Méditez chez Doré le mouvement et son suspens. Le centre du tableau est absolument noir comme les
plumes du maléfique corbeau, noir qui sépare le visage de la fille de quinze ans du rebord du fauteuil de la brave vieille. Pas de fée chez Doré.] Observez que chez Grimm la blessure a lieu dans
le palais royal et que tout le château sera endormi, parents (roi et reine y compris).
-vive, étourdie, la belle est victime naturellement de l’ARRÊT DES FÉES (selon le conteur qui est celui qui tire les fils...) ; le fatalisme du roi est souligné
89.
- avec l’endormissement, on a droit à un tout petit portrait de la bbd : elle a bien toutes les perfections physiques et heureusement elle respire. La jeune fée l’a
emporté.
•UNE SOLUTION DURABLE : la FÉÉ ADJUVANTE. Passage majeur pour la question des fées.
On appelle la bonne fée de Mataquin :nous avons là une fée quasiment “hollywoodienne” :célérité du porteur de nouvelle (avertissement par un (PETIT !) nain,
bottes de 7 lieues (qu’une parenthèse nous explique : une lieue=4 km soit une enjambée plus longue que celle d’une Atalante ou de Carl Lewis, entendez 28 km) et vitesse de la fée avec chariot de
feu et dragons (une heure pour 48 mille kms).
La fée, prévenante, endort tous ceux qui sont alors dans le château, y compris Pouffe la chienne (longue énumération : humains, animaux, feu) ; mieux encore :
le château est protégé par une verdure immense qui doit décourager tout audacieux forêt. Tout est caché et inaccessible. La fée contient cent ans de vie dans le sommeil
ET accélère la maturation de la végétation (à retenir pour les fées). Ralentir et accélérer . Le conteur mêle l’invraisemblance au plus petit détail
(broche, perdrix 91) ”réaliste”....
[ chez Grimm, pas de fée : l’endormissement de tout le château suit immédiatement la piqûre et l’ensommeillement de bbd : les parents eux aussi
s’endorment.]
B/la délivrance. 93 sq
•CENT ANS APRÈS..le miracle, la magie plutôt a lieu. Le tout conté avec “réalisme” (attention à ce mot) et beaucoup d’humour que je reprendrai plus longuement
ensuite.
-un Prince, évidemment chasseur, interroge ses gens sur les tours du château visible “au-dessus d’un grand bois fort épais”.
[Il est passionnant de comparer P et Doré : le graveur donne une dimension vertigineuse (esthétique particulière que vous lirez dans la conférence que je vous ai
indiquée (site)) à un texte qui n’en a pas vraiment et qui va aller dans la direction de dialogues assez drôles au deuxième degré.]
-on lui donne plusieurs explications : un château hanté (des esprits) ; le rendez-vous des sorcières ; la demeure d’un ogre ; heureusement vient la révélation
d’un paysan : il tient de son père l’histoire voulue par la fée. On s’amusera de ce conte qui élimine des versions invraisemblables au profit d’une autre encore plus magique...mais qui repose sur
un témoignage digne de foi...ou presque....93.
-le prince en feu s’avance avec audace et souci de gloire : bien entendu tout s’ouvre magiquement devant lui.
[ prolepse dans notre parcours : un mot sur le conteur qui s’égaie à tenir un discours auctorial très humoristique :
-un prince jeune et amoureux est FORCÉMENT vaillant= le code narratif et ses valeurs sont surmarquées...Double jeu : pour quel lecteur ?
-plus loin 95 même discours : le conteur trouve des excuses amusantes au prince (la belle endormie avait des années et des rêves d’avance...)
-on sait que dans d’autres versions ce n’est pas rêves qu’il s’agit mais de viols..]
*c’est cette partie du conte que Doré va illustrer avec insistance (infra)
Fondée sur une antithèse prévisible (le réel traversé équivalant à une quasi-mort, la beauté divine de bbd demeurant dans le sommeil et échappant au
vieillissement) c’est la découverte progressive des “gisants” : grand “réalisme” (le petit détail vrai : nez bourgeonné, vin, ronflement etc) d’une longue description qui, paradoxalement,
souligne un peu plus le merveilleux ; le héros passe de lieu en lieu pour arriver à l’écrin doré d’une jeune fille divine...devant laquelle on ne peut que s’agenouiller...[Scène qui mêle
paganisme et religion ]
-réveil de la princesse et de tout le palais :manger, se marier, s’aimer. Enfin la malédiction du repas de baptême est levée.
•fin très amusante de l’enchantement de la princesse (double, triple trait d’humour :l’attente de 100 ans, le premier regard étonnamment tendre (il est le prince
attendu, quelle préscience !), l’explication de la supériorité de la princesse (100 ans d’avance) et maintenant on compte les heures (4 heures de discours amoureux ! qui ne suffisent pas....)
;
•réveil de tout le palais : on a faim, cent ans, ça creuse !! ; humour du décalage dans le temps (collet monté) ; tout est réuni, une vraie fête des
sens, y compris artistiques (dons des fées).
-le temps s’accélère : mariage sans les parents, nuit d’amour délicatement suggérée (pour elle et pour lui (il faut tout de même rentrer)).
[À cet endroit les Grimm sont expéditifs : le prince a réveillé tout le monde : on célèbre les noces et ils vécurent heureux.Les conteurs allemands font eux aussi
l’impasse sur la deuxième partie de CP.]
FIN DE CERTAINES
ÉDITIONS.
Nous sommes passés donc d’un baptême gâché à un réveil heureux qui donne vite sur une nuit d’amour. Fête des sens, du corps et de l’esprit.
III - LE VRAI CAUCHEMAR
Deuxiéme partie qu’il ne faut pas négliger : un autre “festin” (humour ?) : nous passons de la mauvaise fée à l’ogresse.
Une affaire de repas encore :LA DÉVOREUSE DÉVORÉE (schéma qui reviendra ailleurs dans d'autres contes).D’un bois où l’on dort à un bois où la mort rôde.
A/la reine ogresse :
•UNE OPPOSITION dans le tempo du récit : après 100 ans de sommeil enjambés rapidement, après une découverte détaillée des êtres endormis nous vivons une accélération
du récit : les années passent vite, les enfants naissent, grandissent (enfants qui ont un nom ayant rapport au Temps). La bbd restera passive.
• deux ans de secret : après une nuit d’amour le prince croit bon de rentrer chez le roi son père. Mensonge du prince (il invente la hutte de charbonnier :pain noir
et fromage, nourriture du peuple et non rouge de viande humaine ou carnée des nobles). Méfiance de sa mère, soupçon qui l’amène à le pousser au mariage :il connaît alors deux ans de
clandestinité.
-mensonge par omission surtout à cause de la mère qui est de race ogresse, ce qu’on murmure même au palais ;
-comme par hasard survient la mort du père roi, après deux ans :le prince révèle l’existence de sa femme et de ses enfants : cérémonie qui consacre l’épouse
qui était déjà infante, il y a 100 ans. Étrange intronisation d’un couple déjà marié en secret.
• la terreur : sous la reine, l’ogresse.
- écart déclencheur : comme par hasard encore, le nouveau roi doit aller guerroyer tout un été contre l’empereur
Cantalabutte (nom très sérieux !) et laisse le pouvoir de régence à la reine-mère qui représente le pouvoir et celui de transgression. Elle en profite pour éloigner bru et enfants dans une maison
de campagne dans les bois pour satisfaire à son vice.
- étapes :répétition (une des clés du conte en général : cf G, PCR etc) de peurs provoquées (aux enfants) et de solutions par un
brave adjuvant...Retenir le jeu sur les registres. LE PATHÉTIQUE ÉTANT JOUÉ COMME TEL.
-1-le tour d’Aurore en sauce - robert :une ogresse qui a du goût. Sauvage et raffinée dans sa sauvagerie. Scène touchante de pathétique : le maître
d’hôtel substitue un agneau à la place de la petite fille de 4 ans et la cache dans une basse-cour (destin voisin de celui de pd’a).
-2- 8 jours après : même demande de la Reine-Mère avec son petit-fils Jour ; même sauce mais avec un chevreau pour suppléant, même cachette. Le
conteur insiste sur les traits d’enfants destinés à accroître l’empathie du petit lecteur.
-3- un soir, la reine veut manger sa belle-fille (qui a en fait 20 ans +100...humour en passant...(peau dure...)) ; “suspense” : quel substitut pour
la mère ? Impossible d’en trouver. Nouvelle scène de pathétique (touchant pour un enfant mais surjoué pour les adultes) : la mère héroïque acceptant le sacrifice de sa vie pour rejoindre ses
enfants 101. Heureusement le maître d’hôtel a une intuition : une biche (qu’il avait sous la main ?) conviendra.
Chacun est satisfait : la reine-mère a bien mangé, s’est débarrassée de sa bru et de ses enfants qui incarnaient le Temps, sa promesse d’avenir :elle fera croire au
roi son fils que des loups enragés les ont mangés. Toujours la dévoration.
B/ la dévoreuse dévorée :une image sans doute très puissante dans le fantasme des enfants (seulement ?).
• écart : en quête de chair fraîche la reine mère entend des cris d’enfants qu’elle reconnaît (UNE ÉDUCATION RUDE DE LA PART DE LA BBD 103).
Par vengeance la reine fait préparer une exécution de tous ceux qui l’ont trahie ; on les jettera dans une grande cuve de bêtes repoussantes (dont le crapaud, associé depuis toujours aux
sorcières) ; scène très théâtrale de “sadisme” avec bourreaux et mains liées.
•retour magique et inattendu du roi (humour évident du conteur) ;
•la reine dévoratrice se jette dans la cuve pour être dévorée..dit curieusement le conte. Punition qui peut satisfaire l’angoisse d’un enfant.Cf cours sur
ogre
IV-SF : retour du droit
On fait difficilement plus court : le nouveau roi est peiné en tant que fils mais bien vite heureux en tant que roi et mari et père.
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LES MORALITÉS :qui se disent vaines..Le conteur abdique pour deux raisons - en disant JE.
1/effet de recul : cettte histoire est trop loin dans le temps et la patience d’une jeune femme d’aujourd’hui (pour lui) n’est plus possible : il fait comme
si le conte vantait la patience dans le choix d’un époux...BBD un conte d’avertissement ? CP s’amuse.
2/autre tentative pour moraliser dans le même sens : le conte semble encourager à l’attente dans le domaine du mariage (qui en décide à l’époque ?) : mais les femmes
de son temps attendent tellement de l’hymen et de la foi conjugale qu’on ne saurait insister...On se souviendra de la foi conjugale avec les missions du pp...Morale en forme de clin d’oeil peu
moral ?
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LE CONTEUR
J’insiste ici beaucoup sur l’humour du conteur, ses traits d’esprit riches de connivence :
-évidemment le plus délicatement humoristique : la princesse se plaint auprès du prince 95 :il fut long ;
* J’aime bien aussi “la princesse qui avait 20 ans sans compter les 100 ans(101) ; on peut goûter le passage de la première partie (où le temps est suspendu
(sommeil)) à la seconde où tout s’accélère. Le feu du château endormi s’éteint ; le prince qui le découvre devient TOUT DE FEU...93
- il joue avec le code du genre : je délaisse les superlatifs, les attribut.
-ainsi il pratique un discours auctorial 93 (un prince est toujours...) :un stéréotype du conte de fées. Un vérité
de...conte.
-il pratique le nom de fantaisie comme avec le nom “empereur de CANTALABUTTE”.
-il paraît épouser la thèse de la fatalité des choix des fées 89
-il pratique en passant comme si tout était naturel une ellipse de 100 ans ;
-en réalité il ne tient pas compte des invraisemblances : comment le prince qui connaît sa mère à pulsion d’ogresse peut-il s’absenter aussi longtemps ? Il en
rajoute : au retour du prince devenu roi il écrit évidemment qu’on ne l’attendait pas de si tôt...(redoublement du hasard et de l’inconséquence 103) ;
-en même temps il nous donne des détails qui font presque “réalistes” : les endormis ronflent, le nez est bourgeonné 95, un enfant mangé soit MAIS À LA SAUCE ROBERT
! Plus loin l’autre sauce répugnante à base de bave de crapauds (mélange de l’ogresse sorcière) ;
-merveilleux trait d’esprit 93 : il rapporte (avec humour) les légendes concernant le château :il élimine des rumeurs pour faire croire à la validité d’un
endormissement de 100 ans...
-il sait user du sous-entendu ( les amants dormirent peu (97)) mais semble donner deux explications qui font sourire...tout en se fondant sur la raison et le
vraisemblable....
-il pratique plus souvent qu’ailleurs la parenthèse ou quelque chose d’équivalent :il se fait ironiquement explicatif :
-87 une parenthèse pour le chiffre, une explication pour les coutumes des fées en ce temps-là (ironie)
-91 :il explique le pouvoir des bottes (mélange de surnaturel et d’explication du surnaturel dans un conte où dans la phrase suivante il est question de
dragon ...)
- il fait en son nom (l’histoire n’en dit rien) une hypothèse audacieuse
-plus beau encore : il montre le malaise du prince et EXPLIQUE rationnellement (sic) la supériorité de la belle 95 : elle avait de l’avance..
- il donne la raison de la rapidité de l’intervention de la fée 91(ironie : en ce temps là...ou par essence, les fées allaient vite...)
- à retenir sa capacité à changer très vite de registre (le conte c’est la vitesse : ici on a en passant un grand pathétique avec litote
(bas 101).
-il s’amuse du décalage dans le Temps : les endormis ont 100 ans d’écart, clin d’oeil aux Modernes et aux Anciens ?
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DORÉ :l’homme du suspens, du geste ne peut qu’apprécier le geste arrêté...Il ne s’intéresse qu’à un seul moment du conte.
-nous avons déjà vu pp 227 et 228.
-p 229 très proche dans le temps de la narration, c’est l’avancée du prince vers le château lumineux sous une arche d’arbres qui sont supposés s’être levés
magiquement. Dimension fantasmatique que vous avez reconnue.
-p 230 qui fait diptyque avec 231 chez Hetzel : extérieur /intérieur
*extérieur qui impose une époque (XVIème siècle cf Pocket) au regard du lecteur : trois moments de vie dans une verticalité
imposée par la pierre :vie
-endormie ressemblant à la mort : des gisants proches de la
pierre.
-lente : montée du lierre.
-renaissante : surgissement du prince éclairé : lumière
qui va raviver les ensommeillés.
*intérieur : chaos, pêle-mêle de formes, de lignes (armes, toile d’araignées etc)
- p232 le très attendu, très "romantique" réveil de la bbd :le feuillage aperçu à l’extérieur allait envahir (menacer) la jeune femme : venant du sombre, du noir le
prince élancé comme un danseur traverse la lumière qui isole la pure et blanche endormie dans le bel écrin du lit à baldaquin. Scéne très théâtrale, presque d’opéra.
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LA LECTURE DE BETTELHEIM
Selon lui l’adolescence a besoin de contes tantôt tournés vers l’activité qui montreront comment on devient quelqu’un (on peut penser au pp qu’il n’évoque pas) ; la BBD est un conte tourné vers
l’intériorité, la concentration que connaîtraient à la puberté, garçons et filles mais sur des registres évidemment différents. Un conte comme la BBD permettrait aux adolescents de se rassurrer
sur leurs longues périodes de repli, d’isolement. L’enfant doit grandir, doit apprendre à découvrir des êtres hostiles et peut mieux accepter sa tendance à la passivité. Et les parents doivent
eux accepter de voir fille ou garçon grandir. Bettelheim croit fonder son analyse sur la piqûre au doigt qui devient chez lui le symbole de la menstruation ( !) : la jeune fille peut être tentée
de se replier sur elle-même : heureusement la rencontre avec un autre n’appartenant pas à la famille est un moyen d’y échapper.
À vous d’apprécier cette lecture...