Samedi 14 février 2009 6 14 /02 /Fév /2009 06:37




-NE JAMAIS OUBLIER L’ALLÉGORIE DU CHÂTEAU 36/7 ! Allégorie politique s’il en est : des vauriens ont accaparé les beaux appartements en prétendant que le château (la terre, le pays) leur avait été légué en toute propriété ; avec l’aide de coglions (police) leur pouvoir est renforcé et assuré.

Entendons : la noblesse occupe le château donc la France et le pouvoir.




• Cette noblesse apparaît tôt certes avec le capitaine qui est tout de même un personnage à part, un hétéroclite, avec aussi le M mais on le découvre peu à peu et il faut la 8è journée et le récit de ses amours pour bien le cerner en tant que noble ; la noblesse vient tard donc, surtout à l’auberge du Grand-Cerf : on y rencontre une hôtesse qui est déclassée socialement, un marquis et on y entend son histoire avec une grande aristocrate, Pom. On entend ensuite parler à quelques reprises du châtelain Desglands, de deux de ses maîtresses, l’une fortunée et l’autre libertine et probe. Avec l’ami du M, le chevalier ST-Ouin on découvre une autre noblesse, peu honorable. Auparavant il est vrai il a été question d’un ministre, comte de Saint-Florentin, "roi" de la lettre de cachet. Hudson courra voir un ministre pour renforcer son pouvoir 256.


Quelle image en retire-t-on ?


-par essence la noblesse ne travaille pas, elle hérite comme le M à la mort de son père, donc elle vit de ses biens et du travail des autres (intendants, paysans etc). Elle vit pour être servie par des “choses” comme J. Elle a plus ou moins d’argent selon sa place dans la hiérarchie interne de l’aristocratie. Un St-O a peu à voir avec un d’Arcis qui est en même temps très inférieur à Pom.


-ne travaillant pas, elle est oisive et occupe son temps en divertissements :



     -Opéra, promenades : dans l’épisode Pom.

     -le jeu (Desglands, Guerchy, l’ami du Capitaine, des maîtres de J) ;

     -la violence ritualisée sous forme de duels (Capitaine, Desg)


  -le libertinage amoureux, sans aucune justification philosophique. Dév “l’emploi du temps” du marquis une fois qu’il est tombé amoureux de la jeune fille manipulée par Pom.


     -l’écoute des bavardages de J pour le M.



=>le tableau est diversifié mais sans être cruel une idée s’impose : cette noblesse faillit à son idéologie et à ses principes lointains et montre une image dévalorisante qui ne correspond plus à son idéal passé - réel ou mythique peu importe :



• que dire en effet

-de St-Ouin, pur escroc (et délateur pour la police) capable de tout pour duper un ami ?


-de ces nobles qui ont employé J (autre cours) (nobles militaires qui meurent sans héroïsme, comte qui se fait moine par peur de la mort, avocat général devenu fou !, marquise qui fuit avec un amant et dont le cousin se ruine en femmes : la gradation rhétorique de la page qui est une dégradation sociale mène doucement vers l’usurier qui mène au maître de J) ?



• On mesure la décomposition lente de la noblesse en particulier avec le M, l’oisif par excellence, l’automate parfait qui est mené par le bout du nez par J qui ne lui laisse que la forme du pouvoir et non sa réalité (fameuse scène de “contrat”). La noblesse est devenue dépendante : elle a trop besoin d’argent, elle n’a plus d’énergie ou elle la met dans des occupations vides : la seule digne c’est Pom mais elle est doublement victime : en tant que femme, et en tant que femme trompée par un idéal de hauteur qui n’a plus de sens. La chute est, sans jeu de mots, fatale. Rien ne dure. Il ne reste plus que de beaux gestes (marier une jeune femme qui fut vénale comme le fait le marquis) mais en se cachant 3 ans....

le M est un symbole éloquent : il n’est plus qu’automate qui passe son temps entre montre (son temps est vide, cyclique), tabatière (automatisme du corps) et histoire de J. Automatisme physiologique (sa nature le fait tel) et sociologique (il dépend de sa classe, de son éducation etc). Il est l’homme qui s’endort, qui se fait voler, il est la marionnette de J dans l’affaire du cheval (à la fin) et tout le temps. Il n’est actif que par intérêt (il soigne J) bref il n’est que réactif : c’est J qui entraîne sa réflexion (mais il n’est pas toujours aussi bête qu’on le croit, il sait piéger J) à la fin sa vraie “nature” physiologique et de classe resurgit : il tue alors qu’il avait bien dit qu’il se connaissait et qu’il était incapable d’un crime parce qu’il est un homme de bien 65 ! Il réagit en homme blessé sur différents plans : il vient d’être humilié par J (cheval), il a appris le succès de J avec Denise (épouser un Jacques !), il découvre que son fils a eu la visite de l’homme et de la mère qui l’ont ridiculisé 10 ans avant. Il tue : par automatisme de classe, comme le capitaine se bat automatiquement en duel. Mécanique bloquée. Grippée.


La répétition semble bien une des caractéristiques de la noblesse : on répète les amours, les duels, les histoires. On croit exister.



DD pose implicitement mais clairement une question sociale et politique que sera celle de Beaumarchais avec FIGARO : le mérite ne peut-il est revendiqué que par la noblesse de droit alors qu’elle en fait assez peu preuve ou doit-il être reconnu à la noblesse de fait, au peuple, aux gens du peuple (au sens romain sans doute mais avec J, au sens large ) qui ont du talent ?



cl : On l’a compris : DD ne cherche nullement à faire un panorama des classes sociales et en particulier de la noblesse : on devine aussi en arrière-plan des abus de pouvoirs des hommes proches du gouvernement et du roi : Hudson rôde, a l’oreille du ministre, Saint-Florentin abuse des lettres de cachet 130 ; on comprend combien a été important aux yeux de DD l’affaire des parlements que parodie l’hôtesse dans la querelle de J de son maître. On mesure simplement que cette société danse, comme on a dit plus tard, sur un volcan.

Par J-M. R. - Publié dans : JACQUES LE FATALISTE
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