Dimanche 24 mai 2009
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(n'oubliez pas le rôle de Fontenelle comme passeur
entre les uns et les autres )
Une comparaison entre le libertin érudit et le philosophe
des Lumières fera mieux comprendre la spécificité des Lumières:
Considérons d’abord
ce qui les rapproche:
:
- comme le libertin, le Philosophe n’admet que ce qui ne répugne pas
à la raison.
- la critique des superstitions, des dogmes, un
anticléricalisme, qui peut aller jusqu'à la remise en cause de l’existence de Dieu. Mais tous les libertins et tous les philosophes des lumières ne sont pas athées, il s'en faut. à
vous..
- le souci de l’étude, la soif d'apprendre des sciences, (Képler,
Copernic, Galilée pour l'un, les mêmes mais surtout Newton pour l'autre) la primauté accordée à l’observation, à l'expérience, une ouverture d’esprit, une curiosité pour les publications
nouvelles (dév l'incroyable curiosité de DD pour tout)
- le recours à l’ironie (D'assoucy, Cyrano)..
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Mais leur contexte historique est bien différent :
*le libertin sait qu’en son temps de renforcement de la religion, il doit cacher ses pensées. Le philosophe du XVIIIème siècle a le sentiment de participer à une
période exaltante, où finira par triompher la raison sur les forces de l’obscurantisme, même si les horreurs et les injsutices demeurent sous Louis XV et XVI : citez les affaires traitées par
Voltaire (Calas, La Barre etc.)
Et d’un point de vue social le philosophe se distingue du libertin :
*les libertins se retrouvent entre
eux (autour de Gassendi se rapprochent Naudé, La Mothe Le Vayer, Patin , sans doute Cyrano et Molière et dialoguent discrètement ); le philosophe, même s’il doit parfois se cacher, ou
quitter la France pour éviter d’être inquiété, s’exprime publiquement, prend parti dans certaines affaires, se mêle, au nom de ses valeurs, aux activités de la cité. On est très loin d’un
Mothe le Vayer qui dans le secret écrivait des dialogues libres-penseurs et publiait un ouvrage sur l’existence de Dieu.
*Les libertins éprouvaient souvent du
mépris pour le peuple, estimaient qu’eux ne devaient point croire aux dogmes, mais qu’en revanche le peuple devait être maintenu dans cette croyance sans quoi la société serait ingouvernable. Les
philosophes du XVIIIème ( pas tous, Voltaire n'aime pas vraiment le "bas "peuple, il s'en méfiait estiment au contraire que chacun doit être éclairé par les Lumières de la raison, et que les
hommes sont égaux.
*Le libertin s’opposait à l’honnête
homme : considérez Don Juan : il vit en marge de la société, acoquiné de son valet Sganarelle, abandonne une épouse noble, séduit des paysannes, évite la fréquentation de ses pairs ; sa
conversation, qui devrait être plaisante pour tout un chacun, est une suite de provocations. On tenait le libertin pour inférieur au chrétien et à l’honneête homme. Le philosophe
réussit à renverser l’équilibre des forces. Son adversaire fut baptisé péjorativement du nom de dévot. Au XVIIIème siècle, le philosophe est aussi un honnête homme, qui tend et doit tendre
(pensez à l’article “philosophe”) à vivre parmi les hommes. Le salon, le Café sont des hauts
lieux de culture (le PROCOPE, cher à DD).
*Le libertin du XVIIème ne se souciait pas de
progrès technique, du bonheur en société qui sont au contraire au centre des péoccupations des philosophes. Sa cible est le dogmatisme religieux et il ne va guère
au-delà.
* sans être des penseurs systématiques comme un Spinoza (Voltaire déteste l'esprit de système), le
philosophe des Lumières français est tout de même plus théoricien que le libertin : on ne trouvera nulle part une réflexion économique comme chez le libéral Voltaire ou une pensée politique aussi
révolutionnaire que chez Rousseau.
*au XVIIème siècle, on ne se déclarait pas libertin
publiquement : le terme était employé plutôt comme une accusation : dans le Tartuffe de Molière, Orgon reproche à son beau-frère Cléante, homme sage, réfléchi, qui n’entre pas dans les
excès du maître de maison” : Ce discours sent le libertinage (acte I). Au contraire au XVIIIème siècle, à en croire le début de l’article philosophe de Dumarsais, nombreux sont
ceux qui se prennent pour des philosophes : PHILOSOPHE, substantif masculin. Il n’y a rien qui coûte moins à acquérir aujourd’hui que le nom de philosophe ; une vie obscure et
retirée, quelques dehors de sagesse, avec un peu de lecture, suffisent pour attirer ce nom à des personnes qui s’en honorent sans le mériter.