Lundi 13 avril 2009 1 13 /04 /Avr /2009 08:30
Fiche rapide : JE SUIS , de loin, LA PHOTOCOPIE REMISE EN DÉBUT AVRIL. LES PARESSEUX SE CONTENTERONT D'ELLE. Les sérieux l'oublieront vite.



∆ cours  long : une fiche de résumé devrait suffire si vous avez retenu mentalement quelques points majeurs. 



∆ abréviation : PL=philosophe des lumières 

 ∆ avoir une idée de leurs adversaires : Palissot et sa comédie Les philosophes , Fréron, la tête de Turc (pardon !Emrecan) de Voltaire,  le petit abbé dans JLF p 170/1; les jésuites, les pouvoirs publics, le pape etc.. On appelle nos philosophes  les CACOUACS (méchants), sorte de peuplade bizarre.

∆ de qui parlons-nous ?Montesquieu Voltaire, (La Mettrie, Helvétius, Maupertuis, D'Alembert), Rousseau, DD, d'Holbach etc..

Une remarque sur l'emploi du mot philosophe en France au 18è siècle : il ne désigne pas  forcément une spécialité, une profession  ( ce qu'est un DD) mais une façon de vivre, de penser: l'évolution de l'Ingénu (il finit guerrier et philosophe intrépide, sans avoir écrit une seule ligne) et la vie de JLF le prouvent bien. . Il y a convergence du mot honnête homme et philosophe : aux bonnes manières de l'honnête homme (Dumarsais en parle) s'ajoute l'esprit critique des Lumières.


 [∆ bien savoir répondre à une question sur l'image de la lumière (flambeau dans Dumarsais: l'opposition ombre/lumière est dans la Bible, dans Platon etc: autrement dit elle est très ancienne la lumière n'est pas religieuse pour nos philosophes, elle est naturelle et accessible à tous; notez que la version anglaise ou allemande (aufkläung)  insiste sur le phénomène d'éclairage et non pas sur toute la lumière qu'ils sont supposés répandre. La virulence de cette image vient des Français .


∆ avoir bien en tête le texte de Kant; AYEZ SUR LA TABLE ,SI VOUS L'AVEZ LU..., AU MOMENT DE L'INTERROGATION , JLF POUR CITER LA PAGE 103 QUE J'AURAI COMMENTÉ UN JOUR, ESPÉRONS-LE : "LE PHILOSOPHE EST ODIEUX À...."




LISEZ L'INTRODUCTION  de la fiche photocopiée: bien dire qu'il y a héritage et nouveauté.

• avoir en tête que le phénomène est européen même si nous avons tendance à n'évoquer que des Français (ou un Suisse...). Anglais et Allemands sont essentiels.

• il n'y a heureusement pas de figure type du philosophe des Lumières et l'union (fragile) autour de l'ENCYCLOPÉDIE  ne doit pas masquer les nettes différences entre les penseurs (la ligne de front se situant entre matérialisme et spiritualisme). On est dans le siècle de grandes polémiques (Voltaire/Rousseau;Voltaire/D'Holbach;Hume/Rousseau etc..). Rousseau a sur le progrès des positions qui sont en rupture par rapport à ses ex-amis. Et de plus, qui dit siècle dit évolution, changements : avec R et DD on voit poindre d'autres formes et d'autres modes de penser ou de sentir : le sentiment jouera un grand rôle après 1750. Un Montesquieu est tout de même fort éloigné par exemple d'un D'Holbach : question de générations.

il est  contrairement à ce que tait DUMARSAIS et ce que suppose maladroitement l'image de lumière (on croit qu'avant c'était la nuit), un héritier:Todorov parle d'époque de synthèse et non d'innovation radicale.

            

       - des grandes avancées scientifiques du 16ème et 17ème:Copernic, Képler, Galilée et surtout Newton et des avancées de l'empirisme* anglais: Locke tient une place fondamentale;

      - des grandes ruptures opérées aussi par les philosophes majeurs du 17ème :Descartes, Leibniz (qui sont aussi à l'époque de grands scientifiques), Hobbes (pour la dimension politique) et Spinoza de façon plus discrète mais fondamentale,



      - des libertins que nous avons vus et dans notre corpus, Fontenelle appartient aux deux moments et fait figure (avec P. Bayle) de passeur.


[entre nous : il n'y a pas,dans ce siècle, en dehors de Rousseau et de l'Écossais Hume ou des Allemands vers la fin du XVIIIème comme Kant, il n'y a pas de penseurs de la taille de Descartes ou Leibniz ou Spinoza.C'est à des philosophes du 17ème ou à des libertins qu'ils doivent beaucoup. ]

•il est un philosophe écrivain ou un écrivain philosophe :


   On trouvera naturellement des exceptions dans le passé mais Descartes n'écrit pas de roman, Spinoza ne touche pas à la poésie, Hobbes n'écrit pas de pièces de théâtre: nos grands "penseurs" sont aussi (et surtout) des écrivains et de grand talent:

- à vous:

  *Montesquieu est capable de livrer un immense traité comme L'ESPRIT DES LOIS  et de rédiger LES LETTRES PERSANES;

   *Voltaire est à la fois ......à vous.

   *Rousseau aussi bien penseur politique que romancier ou autobiographe qui fait franchir au genre un pas majeur. À vous.

   *le plus étonnant étant sans doute DD.: à vous . De plus il est celui qui pratiqua le plus le dialogue mais pas vraiment dans la tradition de Socrate/Platon. Ses amis le surnomme tout de même SOCRATE  et il a rêvé toute sa vie de rédiger une œuvre sur lui.

Retrouvant Aristote, les Lumières ajouteront des domaines à la philosophie : ainsi naît l'esthétique avec Baumgarten en Allemagne mais en France les Salons de DD (commentaires de tableaux exposés) auront une importance considérable. La notion de goût et celle de critique prennent leur essor avec les Lumières.

• un penseur s'affranchissant (tentant de s'affranchir ) de tous les dogmes, les préjugés,

-(1) il aspire à l'autonomie (voir Todorov pour ceux qui l'ont acheté et citer Kant ):

-autonomie de chaque homme qui doit pouvoir penser par lui-même (cesser d'être mineur);

-autonomie de tout peuple qui doit pouvoir décider de son sort : importance du CONTRAT SOCIAL de JJR contre des formes de gouvernement qui ôtent au peuple son droit à décider d'un destin commun.


-(2) il s'en remet à la raison (note1,ici infra) et ne recherche que (3) la vérité.

  Citez Fontenelle et Dumarsais. Insistez sur les précautions qui existent dans les deux textes de ces rationalistes. Refus d'une raison dogmatique chez Dumarsais: quand un philosophe ne sait pas, il se tait et réserve son jugement. Refus de l'autorité chez Fénelon:les savants ont beau avoir de grands titres, ils sont ridicules. Autorité bafouée dans de nombreux contes de V. (CANDIDE). Tout ce qui nous est imposé de l'extérieur, d'autorité et sans adhésion réfléchie est contesté.Voltaire croit en la raison mais croit aussi que la raison ne peut tout.

•chercheur de vérité, il s'intéresse naturellement aux sciences de la nature (DD participe à tous les débats, D'Holbach fait de la minéralogie etc.) mais surtout à l'analyse de l'homme :  l'empirisme* (j'apprends progressivement par les sens, par l'expérience) d'un Locke est  déterminant ( refus de la notion d'idée innée : JLF dit bien que la raison est le produit de l'expérience); au plan psychique, les découvertes de R sur lui-même  sont considérables. cf les Confessions.

un penseur soucieux des autres, un homme social et sociable : bien redire la  phrase tirée de Térence et présente dans Dumarsais: rien de ce qui est humain ne m'est étranger. (il faudrait faire une place à part pour la question de la femme : elles ont une place importante par leurs salons (Mme du Châtelet (amie de Voltaire), Mme du Deffand etc.); un JJR est franchement phallocrate, DD et Laclos écriront des textes qui ne sont pas déshonorants pour les hommes; Condorcet sous la Révolution demandera le droit de vote pour elle : enfin il faut connaître à la même époque OLYMPE DE GOUGES....(fiche mail envoyée en avril))

  -un homme de salon (cf chez D'Holbach), de Café , de rencontres donc: la présence agitée de DD au café Procope est célèbre. À Paris viennent de grands étrangers comme Hume et Sterne que rencontra DD.

  -un voyageur curieux de tout, observateur : admiration de Voltaire pour l'Angleterre, errance fréquente de JJR qui alla en Angleterre; séjour de Voltaire chez Frédéric II de Prusse, DD en Russie chez Catherine II..

  -un homme de "dialogue" : la Correspondance de Voltaire avec l'Europe comme celle de DD contiennent  des milliers de lettres;

  -un penseur attentif aux autres civilisations même si ses connaissances en sont médiocres (mais un DD se tient au courant de tous les témoignages sur les Indiens d'Amériques et combat le 'racisme" d'un Buffon). La technique du Persan ou de l'Ingénu qui consiste à se regarder avec les yeux des autres est exemplaire de ce point de vue. L'ailleurs, l'autre servent souvent à humilier l'Europe et l'Européen. cf DD : SUPPLÉMENT AU VOYAGE DE BOUGAINVILLE.

 [Il y aurait beaucoup à dire (à critiquer)sur ce point:si on vous ennuie sur ce point, ayez en tête ce que j'ai mis ci-dessous dans ce qu'on reproche à certains penseurs des Lumières. En tout cas, Rousseau et DD ont toujours combattu colonialisme et esclavage.]



  -un penseur attentif à penser la société comme un Tout qui a une histoire: c'est ainsi qu'on voit naître avec Voltaire entre autres l'Histoire  "moderne"  (la "science" historique) même si depuis les Grecs et les Romains il y eut des historiens enquêteurs-témoins et même si, vus d'aujourd'hui, leurs travaux ne sont pas à nos yeux franchement historiques. On a pu dire que l'Histoire "moderne" naissait au 18ème.


   -un penseur obsédé par la question de la Justice et surtout du Droit (naturel qu'il ressent dans sa conscience):il touche ainsi l'économie, la société, le rapport entre les hommes. Posant la liberté au centre de tout il vise un droit universel, intemporel, placé au-dessus de toutes les formes soumises à l'Histoire.


  -un penseur qui ne néglige personne dans la société :(si Voltaire, roturier anobli fier de sa particule, déteste le peuple entendu comme populace et n'a aucun espoir pour les paysans...), vous avez lu que JLF défend le peuple et les paysans, que Rousseau dans son deuxième discours et avec le CS se permet d'expliquer rationnellement l'inégalité et met le PEUPLE  au cœur de la politique.

   -un homme soucieux de vulgarisation, de diffusion des connaissances (ENCYCLOPÉDIE-autre fiche envoyée par mail)

&

    -forcément, au rebours de Gousse, soucieux de réfléchir à l'instruction et à l'éducation. Place immense de l'ÉMILE  de JJR. Plus tard Condorcet aura en charge une reflexion sur l'enseignement.

     -un homme le plus souvent ayant foi en un concept qui apparaît lentement : le progrès ( votre fiche (deuxième colonne mais sans exagérer  leurs attentes à tous, y compris celles de Voltaire )) mais attention un JJR va totalement à l'encontre de cette position. Dév.ses deux discours, surtout le premier.

     -un écrivain qui sait heureusement mêler sérieux et fantaisie : le conte philosophique (Voltaire( et DD(deux amis de Bourbonne, Madame de la Carlière)-autre question de synthèse) et le roman philosophique ( DD: JLF)


un homme de combat :voir fiche.

  Il y a une dynamique des Lumières qui  dépasse les autres grands moments de la philosophie.

  Voulant expliquer, faire connaître, diffuser le PL doit beaucoup lutter pour dénoncer ou imposer sa pensée.


    Il prend des coups pour l'audace de ses textes
(Rousseau voit ses livres condamnés, brûlés (ÉMILE & CS).DD fut mis en prison en 1749 pour un de ses essais philosophiques. Même L'ESPRIT DES LOIS  de Montesquieu est condamné par la Sorbonne en 1750..

    De même l'ENCYCLOPÉDIE  connaît la censure de son propre éditeur Le Breton; les réactions du pouvoir politique et religieux mènent à des interdictions fréquentes. Heureusement le directeur de la Librairie, M. de Malesherbes protège du mieux qu'il peut l'entreprise.

     Il prend de tels risques qu'il lui faut publier en Suisse ou en Hollande.

    Mais le symbole du combat c'est évidemment Voltaire.Vous savez, en principe, son rôle dans l'affaire Calas, dites deux mots sur sa défense du chevalier de La Barre, condamné à mort en 1766 à 19 ans pour blasphème (langue, poing et tête coupés,c orps brûlé, privé de sépulture). Pendant l'enquête on trouva un texte de V chez le jeune chevalier.V, énergique malgré ses 72 ans, fit faire une enquête dans la ville et comprit que La Barre avait été accusé à la place des philosophes dont un juge voulait se venger. La Révolution réhabilita la mémoire du chevalier en 1793.La plaidoirie de V a été magistrale. On en trouve un écho dans l'article TORTURE de son DICTIONNAIRE PHILOSOPHIQUE.



un combattant au nom de l'universel. Todorov a une formule heureuse :à l'intérieur des frontières d'un pays tous les êtres ont le doit d'être des citoyens égaux (ce qui signifie l'abolition de l'esclavage, reconnaissance des droits des femmes (Laclos, Olympe de Gouges); tous les habitants du globe sont , d'emblée des êtres humains. La conséquence et politique et morale , ce que montrera Kant. On verra apparaître surtout la notion de DROIT UNIVERSEL, relevant d'un doit naturel. Ce qui donnera la déclaration des droits de l'homme et du citoyen (en 1789).

cl : il ne faut pas exagérer le pouvoir des philosophes et leur attribuer la Révolution française. Ils ne touchaient pas exactement le Peuple( l'ENCYCLOPÉDIE  n'était lue que par une élite) mais ils ont contribué à former les esprits : V influença les débuts de la Révolution, Rousseau la phase jacobine. Ils ont posé les conditions d'une réflexion universelle sur le bonheur en société. Nous n'avons conservé que la part individuelle et individualiste de leur pensée.(On peut dire que Voltaire l'a emporté sur Rousseau...]


Bilan : le pl  n'est pas

-seulement philosophe (mais écrivain)

-métaphysicien, théologien de formation car il rejette la notion de philosophie abstraite et systématique ( fixée en un système parfait mais froid et irréaliste: le grand penseur allemand Kant sera lui un immense penseur systématique (ce qui ne l'empêchea pas de dire des énormités sur la hiérarchie des races dans œuvres secondaires).

-seul, confiné dans son cabinet de réflexion (comme le montre Rembrandt) ou sa cellule (comme on imaginait Pascal) mais bien ouvert à toutes les rencontres comme l'étaient les humanistes du 16ème, et prêt à combattre pour ses idées, en prenant des risques.

-au service de la seule pensée mais pour le partage, la diffusion large de cette pensée qui dépasse le seul champ de la philosophie.


 

Que sont devenus les philosophes depuis le XIXème?

 Le plus souvent des professeurs et des universitaires influencés par de grands penseurs étrangers (allemands), de plus en plus spécialistes de philosophie et de rien d'autre. Rarement des contestataires  ou des artistes écrivains (mis à part Nietzsche) sauf au XXème où l'on retrouve un penseur qui a toutes les possibilités  littéraires d'un philosophe à la française : Sartre qui toucha à tous les genres mais ne fut pas vraiment  un homme attentif à la science. Polémiste talentueux, il théorisa la notion d'engagement en la poussant bien plus loin que celle d'un Voltaire. Mais on ne saurait lui trouver beaucoup de ressemblances avec les philosophes des Lumères.


RÉCAPITULATIF : LES VALEURS DES LUMIÈRES

•la connaissance, la raison liguée contre les préjugés, les dogmes, les superstitions; connaissance qui voit naître des sciences comme la psychologie, la sociologie (Montesquieu), l'ethnologie, l'anthropologie(JJR).

•le progrès (sauf JJR); rejet de tout ce qui humilie, réduit l'homme et l'empêche de se libérer.

•la civilisation: le mot apparaît au 18ème. Civilisation qui doit conduire au bonheur terrestre et non céleste.

•tolérance; fraternité (mot que Voltaire utilise volontiers, même s'il est d'origine religieuse)

•humanité de tous, rien de ce qui est humain ne m'est étranger; reconnaissance des différences. Avec un peu d'anachronisme on peut penser à la déclaration (ironique sans doute de Don Juan: va, va je te le donne pour l'amour de l'humanité...). Les croyants nombreux au XVIIIè respectent Dieu mais s'intéressent beaucoup plus à l'Homme qu' ils débarrassent de la notion de péché originel. Le rapport de l'homme à l'homme devient plus intéressant que le rapport de l'homme à Dieu.

  Une seule chose est commune à tous les hommes: leur humanité.C'est ce qui fait qu'il y a un droit de l'homme. L 'homme est enfin SUJET DE DROIT.

  Cette humanité veut se défendre contre les pouvoirs qui la menace : on verra beaucoup de projet de PAIX perpétuelle en Europe. La guerre est l'obsession des Lumières qui en connurent peu par rapport aux siècles suivants.

•liberté , liée à la notion de droit naturel:la liberté est l'expression juridique de la nature de l'homme: elle est un droit naturel.

La liberté étendue à tous les hommes (avancée immense de JJR) entraîne

• l'égalité: tout homme a des droits et comme on n'est pas plus ou moins homme tous les hommes sont égaux.

• esprit critique, à commencer par soi. Admettre le regard d'autrui, d'ailleurs sur soi (d'où l'importance des civilisations lointaines).

•laïcité (à voir avec la question religieuse)






L'ENVERS DES LUMIÈRES. Ce qu'on leur reproche :leur procès est ancien et il a encore aujourd'hui des procureurs (il n' y avait pas pire accusateur des Lumières que le nazisme). La papauté, en particulier Jean-Paul II, ne manquait jamais une occasion de dénoncer leur héritage.Un examen intelligent a été proposé par Régis Debray dans AVEUGLANTES LUMIÈRES chez Gallimard.

   • dans l'"anecdotique"



-on observe que l'apôtre de la tolérance et de la discussion que fut Voltaire a pu être à son tour un fanatique anti-fanatiques et a pu tomber aussi bas dans ses attaques contre Rousseau (lettres anonymes...tout de même...).


-on note qu'un Voltaire est plus que réticent à l'égard du Peuple qu'il veut maintenir sous tutelle : sa détestation de Rousseau vient qu'il a bien deviné que son bien-être bourgeois allait être menacé ainsi.

-le même Voltaire, grand pourfendeur des guerres et des conflits était très fier d'avoir inventé un canon plus mortel que les autres: il tenta de le faire employer par de nombreux pays....

-on s'étonne de voir DD faire confiance à Catherine II de Russie pour réformer son pays. Cet aveuglement volontaire choque nombre de ses amis.

   •plus sérieusement :

-on trouve curieux que Montesquieu, adversaire de l'esclavage des noirs dans un de ses textes ait vécu sans broncher à Bordeaux, ville qui faisait sa fortune sur ce commerce immonde, codifié par le sinistre CODE NOIR.CF http://pagesperso-orange.fr/jacques.morel67/ccfo/crimcol/node51.html.

(CERTAINS ONT PU ACCUSER Voltaire(l'auteur du négre de Surinam!!) D'AVOIR PROSPÉRé DANS LA NAVIGATION DE L'ÉBÈNE.
- les croyants leur reprochent d'avoir divinisé l'homme et de l'avoir mis à jamais dans une situation de liberté dangereuse. Commençait alors l'ére du TOUT EST PERMIS.

       =>c'est oublier que la liberté n'a pas duré et que Bonaparte a liquidé les acquis des Lumières le plus vite possible. Mise au pas de la femme, reprise de l'esclavage aboli tardivement par la Révolution française etc..

-la question de l'universel se pose toujours : on accuse les Lumières d'avoir prétendu atteindre à l'Universel et d'avoir servi ainsi à justifier le colonialisme (le raisonnement étant le suivant : nous sommes supérieurs, nous voulons le Bien des autres, nous allons les forcer à se soumettre à notre Vérité qui est évidemment LA Vérité).

                     => le colon a sans doute repris de tels arguments (et Jules Ferry a eu des propos pro-colonialistes mais dans une situation historique bien différente): c'est oublier tout de même que les philosophes du type des Lumières n'étaient plus là et on ne saura jamais ce qu'ils en auraient pensé  et c'est oublier de se demander aujourd'hui si le relativisme absolu (une sottise au plan logique) qui l'emporte  dans tout l'Occident est préférable.


-la question du progrès qui naît avec certains penseurs des lumières leur est reprochée, en raison des ravages que certains progrès ont occasionné: c'est plutôt le positivisme du XIX qu'il faut attaquer.


∆ si j'ai le temps je vous ferai une note sur philosophes des Lumières et révolution française.



(NOTES


(1)Dans la question de la RAISON qui sera parfois mythifiée, une œuvre du XVIIème domine le siècle des Lumières, celle de Newton:  si Descartes (qu'admire donc Fontenelle) qui passe pour un philosophe de la Raison domine encore en France, peu à peu l'influence du génie anglais sera prépondérante et déterminera les Lumières avec comme vulgarisateurs Voltaire et D'Alembert. MÊME SI LES ÉCOLES NE L'ENSEIGNENT PAS. À commencer par les jésuites...Mais une réforme lente fera promouvoir le modèle newtonien. Heureusement L'ACADÉMIE DES SCIENCES commandée par Fontenelle fera tout pour le diffuser (ce qui prouve son éclectisme puisqu'il fut surtout propagateur du cartésianisme).

 

 

Grâce à Newton (qui est pourtant un fervent croyant) la science s'autonomise, n'a de rendre de compte à personne qu'à elle-même et la raison cesse d'être théologique et métaphysique.

Newton impose à tous un nouvel espace mental quasiment révolutionnaire (qui doit bien sûr aussi  à Copernic, Galilée etc). On pourra écarter toutes les crédulités et en particulier l'occultisme et on voudra étendre à tous les domaines les principes méthodologiques de Newton.

 

Désormais on veut conquérir EXPÉRIMENTALEMENT les lois de la Nature sans en chercher les causes lointaines et divines. Tous les domaines  scientifiques seront atteints même si la notion d'attraction a parfois entraîné bien des sottises.

 

On voudra même fonder une science expérimentale de l'homme (Hume). Un Voltaire par exemple voudra étendre la raison aux domaines des mœurs, de l'histoire, de la politique et même de la religion (d'où son déisme). V veut chercher un homme semblable à lui-même dans toutes le sociétés malgré les coutumes différentes. Comme toutes les Lumières il cherche les lois d'intelligibilité de l'homme, des groupes, des sociétés (des lois (Montesquieu)) et... des horreurs produites par les hommes.

 

 

Un point divisera les philosophes à propos de la Raison : est-elle innée en l'homme et se développe-t-elle avec l'éducation, la recherche (version spiritualiste, la raison serait donnée et d'origine divine), ou bien est-elle acquise avec les expériences et le développement de la pensée qui dépend de la matière (c'est la position de J et de DD et donc de nombreux matérialistes). Sur ce front la bataille sera très violente entre les philosophes.


 



           

Par J-M. R. - Publié dans : LES LUMIÈRES
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